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Le bouddhisme, religion de l’Eveil – Enseignement de Taiun JP Faure

« Religion de l’Eveil »

De nombreuses personnes se demandent ce qu’est que le bouddhisme.
Le bouddhisme est un mot inventé par les Occidentaux. C’est quelque chose de très abstrait. Il faudrait plutôt parler de la Voie du Bouddha – Bouddha voulant dire l’éveillé, ce qui est éveillé. On pourrait aussi dire, pour satisfaire l’esprit occidental, que le bouddhisme est la religion de l’éveil. Ce qui est mis à la première place, ce qui est insurpassable, c’est l’éveil – ce ne sont pas les connaissances ou la technique.

L’éveil, c’est le fonctionnement de l’univers. L’univers ne s’appuie pas sur des théories ni sur des recettes, il ne s’appuie pas sur le mental. Regardez par exemple un tout petit enfant qui était encore dans le ventre de sa mère il y a peu. Ce petit enfant, en un rien de temps, apprend quelque chose d’extrêmement merveilleux : le langage. Il n’a pas de professeur, on ne lui explique pas la grammaire. Seulement par lui-même, il apprend à parler, parce que son esprit est vide de tout concept, de toute attente, de tout formatage. L’éveil est ce qui nous permet de mener notre vie de la façon la plus juste.

Devant la somme de publicités, de techniques, de connaissances qui occupent notre esprit, devant toutes les informations plus ou moins vraies que l’on reçoit, on est souvent perdu : « Que faut-il faire ? Qu’est-ce qui est juste ? ». Il est important de faire une place à l’esprit totalement ouvert, l’esprit qui comprend les choses inconsciemment. Il est important de mettre l’éveil à la première place dans nos vies. L’univers fonctionne sur le mode de l’éveil et depuis l’éternité, il ne rencontre jamais d’impasse.

Dans le monastère, tout est fait pour revenir à une vie éveillée. C’est-à-dire ne pas s’embrouiller, ne pas se prendre la tête : « Qu’est-ce que je vais manger ce matin, comment je m’habille ? » Tout est organisé pour qu’on puisse se donner totalement à l’éveil. Accéder à une connaissance profonde que j’ai appelée la vision pénétrante, cette vision qui nous fait comprendre d’où proviennent les choses et ce qu’elles entraînent dans le temps, mais aussi dans l’espace. À la fin, nous devons avoir foi en l’état d’éveillé.

Avoir la foi, c’est pratiquer comme nous le faisons maintenant en zazen : ne pas se préoccuper des pensées qui arrivent à la conscience d’elles mêmes et qui disparaissent de la conscience d’elles mêmes. Maintenir cet état éveillé – l’existence pure, l’existence sans prise de tête, l’existence sans commentaire, sans interprétation, sans considérations, sans rajouter à la réalité notre divagation mentale.

Ramenez bien la tête sur les épaules, ne laissez pas tomber la tête en avant. Les oreilles sont dans le plan des épaules. La pointe du nez est à la verticale du nombril. La respiration va et vient librement, d’elle-même. Vous faites face à la réalité telle qu’elle est. Vous faites l’expérience de l’existence telle qu’elle est, pure de tout mental.

Si l’activité mentale existe, ne stagnez pas sur elle, laissez-la apparaître et disparaître, revenez sans cesse à un esprit ouvert. C’est exactement comme la respiration : le plus important, c’est que les poumons se vident de tout l’air vicié, pour qu’à l’inspiration, un air frais entre dans les poumons. C’est pareil pour l’esprit. Nous devons abandonner toutes les pensées pour que sans cesse quelque chose de neuf apparaisse à notre esprit. C’est ce qu’on appelle dans le zen la respiration de l’esprit, la respiration cosmique. C’est plus important que tout.

Taiun JP Faure, mercredi 17 octobre 2018, zazen de 6 heures

Conférence de Bernard Faure – La pleine conscience (mindfulness)

Le 21 juillet dernier, le monastère Kanshoji a eu l’honneur d’accueillir le Pr Bernard Faure, universitaire, actuellement professeur d’histoire des religions d’Asie à l’université Columbia à New York, après avoir enseigné à Cornell et Stanford en Californie. Il est un spécialiste renommé du bouddhisme, en particulier de l’école chan-zen. 

Bernard Faure y a tenu une conférence sur le thème de « la pleine conscience », mindfulness.

Vous trouverez plus de détails à ce sujet sur https://www.kanshoji.org/actualites/conference-de-bernard-faure-la-pleine-conscience/

Réflexions sur le changement climatique – Revue AZI – Fév 2016

changement_climatique L’Association Zen Internationale a publié un article très intéressant sur le changement climatique.

Cet article synthétise la conférence que Reigen Olivier Wang-Genh a donnée au Sénat français en mai 2015, en préparation de la conférence COP21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015.

Article complet en cliquant sur le lien suivant: Réflexions sur le changement climatique – Revue AZI – Fév 2016rechauffement-climatique

 

Un enseignement oral de Taiun JP Faure

Taiun Jean-Pierre FaureCe qui se passe maintenant dépend de tout ce qui s’est passé depuis l’éternité. Ce qui se passe maintenant influence tout ce qui se passera dans le futur. Le visage de l’univers maintenant inclut tout le passé, inclut tout le futur.
Ce qui se passe ici dépend de tout ce qui se passe ailleurs. Tout ce qui se passe en un point de l’univers dépend de tout le reste de l’univers.

Un jour, un maître et son disciple suivent un enterrement. Le disciple demande au maître, pointant du doigt le cercueil : « Est-ce vivant ou est-ce mort ? » « Je ne peux pas dire » répond le maître. « Comment ça, vous ne pouvez pas dire ? Est-ce vivant ou est-ce mort ? » « On ne peut pas dire. »
A chaque moment, l’univers prend un nouveau visage. Si nous pensons « c’est vivant », c’est alors seulement vivant et notre pensée reste étroite.

La vie inclut les naissances et les morts incessantes. Le vivant est peuplé de toutes les morts qui nous ont précédés ; la vie ne finit pas quand nous mourrons. Cela signifie que nous mourrons et que nous ne mourrons pas. La vie de Bouddha est éternelle. Elle apparaît sans cesse sous une nouvelle forme, mais c’est toujours la même vie.
Chacun de nous apparaît à un moment dans l’univers, apparaît en un lieu de l’univers et, un peu plus tard, disparaît. Nous parlons alors de « moi », de « ma » vie. Ainsi, quand nous parlons de notre vie, nous ne parlons que de notre vie individuelle et nous oublions la totalité de la vie, la totalité des existences qui peuplent notre vie, qui donnent vie à notre vie.
En réalité, moi et ma vie ne sont pas distincts de la vie de l’univers, de la vie de la totalité. Aussi bien les morts que ceux qui ne sont pas encore nés, aussi bien ceux qui sont près de nous que ceux qui sont loin de nous, tout cela, c’est notre vie. Notre vie est illimitée, sans limite.

Notre pratique, la pratique du zen, de la Voie du Bouddha, c’est d’accéder à cela, de reconnaître notre petit « moi » et, en même temps, de voir qu’il n’est autre que l’univers dans sa totalité, qu’il n’est pas séparé de toutes les existences.
Ainsi, l’éveil est illimité ; notre vraie nature est illimitée. Notre vie est illimitée, sans début ni fin. Elle inclut le « moi », les représentations du « moi », elle inclut toutes les formes illimitées, mais elle ne s’arrête à aucune d’entre elles.
Telle est la pratique de l’esprit éveillé : tout accepter, ne rien garder, ne rien rejeter, se donner de tout cœur à cette vie illimitée.

Kusen de Taiun JP Faure – juin 2014