« Les actions de la journée d’un pratiquant zen expriment la gratitude envers la grande bienveillance des Bouddhas. » (Maître Dōgen)


La pratique bouddhiste du samu :

C’est l’activité désintéressée effectuée dans les tâches quotidiennes du Centre zen de Rixensart : cuisine, nettoyage, vaisselle, etc. La pratique du samu reconduit l’esprit de zazen dans les activités quotidiennes.

Maître Dōgen considère que la vie quotidienne est le champ de l’éveil.

Il écrit dans le chapitre Tenzo Kyôkun du Eiheishingi :

Quand vous faites la cuisine, ne regardez pas les choses ordinaires d’un regard ordinaire, avec des sentiments et des pensées ordinaires. Avec la feuille de légume que vous tournez dans vos doigts, construisez une splendide demeure de Bouddha et faites que cet infime grain de poussière proclame sa Loi. […] Il est important que votre esprit ne change pas selon la qualité de l’objet. Si votre esprit dépend des choses, c’est comme si vous changiez d’attitude et de langage selon la qualité de la personne que vous rencontrez : un tel comportement n’est pas celui d’une personne qui pratique la Voie.

La pratique bouddhiste de la propreté

Au Centre zen de Rixensart, nous veillons à maintenir un état d’hygiène optimal. Nous faisons un nettoyage des lieux tous les 15 jours. De même, ça a été particulièrement important lors des périodes de déconfinement que nous avons connues au moment de la pandémie de Covid-19 : nous avons alors pris soin de désinfecter les locaux avant chaque zazen. Nous avons aussi demandé à tous les pratiquants de se laver les mains à leur arrivée et de porter un masque. Nous avons veillé à assigner une place à chaque pratiquant et nous avons gardé nos vêtements civils pour limiter l’accès aux vestiaires.

Maître Dôgen écrit dans le chapitre Senmen du Shôbôgenzô, « La toilette du visage » :

Selon la pensée non dualiste, il est insensé de prétendre à la pureté de l’esprit si on laisse son corps couvert de saleté. La purification du corps n’est pas une simple question d’hygiène. En se lavant le visage et le corps, on se lave aussi et surtout l’esprit.

Dans le chapitre Senjo, « Purification », il écrit :

L’eau n’est originellement ni impure ni pure ; le corps n’est originellement ni impur ni pur. Il en va de même de la multitude des existences. La purification consiste à transmettre avec justesse le corps-esprit des bouddhas et des patriarches, étant intime avec leur corps-esprit. Quand vous avez envie d’aller aux toilettes, il faut s’y préparer à l’avance. N’y allez pas à l’improviste, ni avec précipitation. Quand vous vous lavez les mains à l’eau, faites le vœu que toutes les existences obtiennent les mains merveilleuses dans lesquelles elles reçoivent et maintiennent le Dharma du Bouddha. Ceux qui se trouvent dans le lieu de la Voie des bouddhas et des patriarches sont toujours munis de cette manière majestueuse. C’est la vie quotidienne de la multitude des patriarches.

La façon de recevoir la nourriture et de manger

Quand nous prenons des repas dans notre Centre zen de Rixensart, c’est en silence. Présents à nous-même et à la réalité qui nous entoure, nous nous harmonisons les uns avec les autres. Recevoir et prendre le repas est une pratique spirituelle.

Soyons reconnaissant envers tous les efforts produits pour que ce repas parvienne à nous.

Considérons notre pratique et ses fruits : sont-ils dignes de ce don ?

Gardons notre esprit paisible, libre de convoitise et d’avidité.

Voyons ce repas comme un remède qui nous maintient en vie et en bonne santé. Recevons cette nourriture pour nous éveiller et aider toutes les existences

Demeurant dans ce monde éphémère,
Comme un lotus dans l’eau boueuse,
Purifiant notre esprit,
Nous transcendons ce monde
Et rendons hommage à l’esprit éveillé.

(Extraits du Sutra des Repas)

La couture du kesa et du rakusu

Le kesa (ou rakusu, sa version réduite), vêtement de Bouddha à l’origine, symbolise la transmission. On le reçoit lors de la cérémonie d’entrée dans la Voie (réception des préceptes par un laïc) et au moment de l’ordination de moine ou nonne.

La couture du kesa est une pratique bouddhiste ; elle obéit à des règles précises datant de l’époque du Bouddha. C’est une pratique collective qui demande silence et concentration.

Au Centre zen du Brabant Wallon, nous cousons lors d’après-midi dédiées à cette pratique, ainsi que lors d’ateliers de pratique de la couture en Belgique.