Le zen: Méditation ? Pleine conscience ? Religion ? Philosophie ?

Si vous avez suivi des cours de pleine conscience, des séances de méditation, si vous avez fait de la sophrologie, du yoga, des cours de shiatsu, etc, peut-être vous demandez-vous ce que sont les liens ou les différences par rapport à la pratique du zen ?

Notre propos ici n’est pas de faire une comparaison car les choses ne sont pas comparables. Voici cependant, pour votre aide, quelques pistes de réflexion, quelques points clé concernant la voie du zen :

  • Le vrai zen est mushotoku

    Le-cercleMushotoku veut dire « sans profit », « sans intention personnelle », « sans calcul », « sans but ». Tout l’univers est mushotoku; les animaux, les étoiles, les montagnes sont mushotoku. Nous, les êtres humains, nous sommes empêtrés dans nos peurs, nos envies, et nous sommes rarement mushotoku. Celui/celle qui suit la voie du zen apprend à vivre la réalité telle qu’elle est, comme un Bouddha, comme un « être éveillé », comme l’univers. Il/elle s’adonne à la pratique sans but. Il/elle apprend à être mushotoku.
    Quant à ceux/celles qui ont une position de responsable dans le centre zen de Rixensart, ils/elles consacrent leur temps à cela de façon bénévole, sans salaire. C’est leur contribution à l’humanité.

 

  • Lignée et transmission

    Bodhidharma_shikantazaPour éviter toute dérive, toute velléité de pouvoir, le(s) responsable(s) d’un dojo zen doi(ven)t veiller à maintenir un lien fort avec un enseignant certifié du Dharma. Au centre de méditation zen de Rixensart, le référent est Taiun JP Faure, aussi abbé du monastère de Kanshoji et un des responsables de l’Association Zen Internationale. De même, les différents responsables des dojo de Rixensart et Nivelles participent à de nombreuses sesshin (retraites) dirigées par Taiun JP Faure et autres enseignants de l’Association Zen Internationale.

 

  • La voie du zen n’est pas une thérapie

    ni des séances de psychologie, ni une technique de bien-être, ni une technique de développement personnel, ni une philosophie. La voie du zen est au-delà. Elle fait partie du bouddhisme, tradition spirituelle orientale vieille de près de 2600 ans. Elle provient du Japon avec comme racine, le chan de Chine et, avant cela, le bouddhisme d’Inde. L’école zen sôtô est une des écoles principales du bouddhisme au Japon. Elle a trois fondateurs, Shakyamuni Bouddha, Maître Dôgen et Maître Keizan. Vous trouverez plein d’informations sur le site internet de la Sôtôshu.sotoshu.

  • Simplement, totalement assis : shikantaza

    kanji zazenZazen (« za » = assis, « zen » = méditation silencieuse) est la pratique-racine du bouddhisme. Zazen est shikantaza, simplement, uniquement, totalement assis. Shakyamuni Bouddha a parlé de l’esprit de zazen dans le Anapanasati Sutta. Maître Dôgen l’a détaillé aussi dans son Fukanzazengi.
    Zazen, c’est la « méditation » par excellence, sans objet, sans support, sans but. Mais attention: on ne médite sur rien! Dans le silence et l’immobilité, le corps est droit (ni penché en avant, ni en arrière, ni à gauche, ni à droite). Le corps et l’esprit ayant toujours été intrinsèquement liés, on est assis et on ne suit pas ses pensées, de même qu’on ne les fuit pas (ni avidité, ni aversion), ce n’est pas non plus un état sans pensée.  L’esprit est ni dans le futur, ni dans le passé, ni dans les peurs, ni dans les envies. Ici et maintenant, sous nos pieds, sous notre nez !
    Pour Maître Dôgen (un des trois fondateurs de l’école zen sôtô), zazen et éveil sont une seule et même chose (shu sho itto).

 

  • Toute action de la vie quotidienne est la Voie

    Par extension, pratique et réalisation sont une seule et même chose. Parfois, nous appelons notre pratique Mokusho-zen (c’est-à-dire « illumination silencieuse »). Mokusho-zen c’est vivre pleinement chaque action de notre vie quotidienne. Chaque instant est ainsi réalisation. C’est le « heijo shin kore dô » de maître Nansen (« toute action de la vie quotidienne est la Voie »).
    repas traditionnel dans oryokiAinsi, au centre zen du Brabant Wallon, nous mettons l’accent sur la pratique-racine (zazen) mais aussi sur les cérémonies (qui sont l’occasion de dédier notre pratique à toutes les existences), les repas traditionnels (que nous prenons lors de journées zazen et sesshin-retraites) et sur les samu, c’est-à-dire le travail (par exemple, nettoyage du dojo, affichage, site internet, initiations …)

 

  • Aider toutes les existences: Les quatre vœux du bodhisattva (Shigu seigan mon)

    Kuan-yan_bodhisattva,_Northern_Sung_dynasty,_China,_c._1025,_wood,_Honolulu_Academy_of_ArtsLe zen fait partie du bouddhisme mahayana, c’est-à-dire le « grand véhicule ». Ainsi, nous pratiquons le zen pour soutenir toutes les existences. Et dans notre tradition, nous chantons chaque soir après zazen les « Quatre vœux du bodhisattva » (*) que voici (en chinois et traduits en français):

    Shu jô muhen sei gan do
    Bon-no mujin sei gan dan
    Hô mon muryô sei gan gaku
    Butsu dô mujô sei gan jo

    Traduction française:
    Illimitées sont les existences, je fais vœu de les libérer toutes.
    Inépuisables sont les illusions, je fais vœu de les déraciner toutes.
    Incalculables sont les portes du Dharma, je fais vœu de les pratiquer toutes.
    Sans égal est la voie du Bouddha, je fais vœu de la réaliser.

    (*) Le bodhisattva est l’être qui pratique l’éveil pour aider les existences, c’est-à-dire qu’il fait le vœu de s’éveiller après que toutes les existences se soient éveillées. Les quatre vœux représentent donc l’esprit dans lequel nous pratiquons qui est d’aider, de soutenir toutes les existences (y compris nous-mêmes, nos pensées, nos chaussures, nos proches, nos animaux de compagnie, etc…).

Dans la tradition du zen sôtô